Passez à l’astrophotographie … et révélez le ciel

Astrophotographie
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Comme son nom l’indique, l’astrophotographie consiste à prendre en photo les objets célestes. Avec la banalisation des appareils photo numériques (APN), franchir le cap de l’observation visuelle du ciel, déjà fort riche et réjouissante devient une évolution réellement abordable avec des moyens modestes.

Tout d’abord bien sûr vient la motivation de garder un souvenir d’une soirée sous la voûte étoilée. Et on commence souvent par braquer vers le zénith un petit appareil photo ou un smartphone, ou à le coller à l’oculaire de son télescope pour fixer dans les mémoires numériques une image de la Lune par exemple.

Il n’en faut pas plus pour le virus soit pris, et le reste n’est plus qu’une question de budget, d’un peu de technique et de beaucoup de patience pour accumuler toujours plus de lumière en provenance d’objets célestes jusqu’alors trop souvent effleurés par l’oeil.

Le ciel en grand et …en mouvement

Certains prendront le parti de fixer leur appareil sur un trépied et, moyennant quelques dizaines de secondes de pose en osant une sensibilité iso élevée, se réjouiront légitimement d’avoir sur leur écran la voie lactée enfin resplendissante, un coin de ciel riche de milliers d’étoiles ou le dessin des constellations à pouvoir admirer chez soi. Et, en multipliant les poses avec une modeste télécommande, le timelapse, petit film donnant une vision accélérée du mouvement des étoiles ou le filé d’étoiles qui dessine sur une photo unique la trajectoire des objets lumineux sont à portée de main avec des logiciels simples et gratuits sur tout ordinateur.

Ci-contre, filé d’étoiles acquis avec Canon EOS 70 D, orienté vers le sud-ouest.

Suivre les objets …de très près

Pour les heureux possesseurs d’une lunette ou d’un télescope, à condition d’une monture motorisée pour suivre l’inexorable rotation des constellations autour de l’étoile polaire, la chasse aux images les plus subtiles est ouverte. Ici, la satisfaction de résoudre pas à pas les difficultés techniques trouve sa récompense dans l’amélioration constante des résultats.

La lune, les planètes montrent d’une photo à l’autre une foule de détails et souvent des changements au cours du temps que la comparaison des clichés rend soudain possible. La caméra au format d’une webcam est ici reine pour contourner la turbulence qui trouble la vision et cache par exemple la fine modification des ombres sur les cratères sélènes ou les pâles teintes de la grande tache rouge de Jupiter.

Et avec le ciel profond …

La récompense des efforts est tout aussi grande, si ce n’est plus, avec les objets du ciel profond. Un appareil reflex logé à l’endroit de l’oculaire de la lunette ou du télescope est un bon départ pour multiplier les poses d’une galaxie qui va révéler après traitement informatique ses bras, ses nuages sombres de poussières et surtout…ses couleurs ! Fini le vague noyau blanchâtre que le cerveau devait transcender à partir du peu que l’œil discernait…

Et la même chose s’applique bien sûr aux nébuleuses, amas ouverts ou globulaires ou aux groupes de galaxies ! Le champ des possibles rompt toute perspective de monotonie. Le bond en sensibilité donne le vertige en même temps que l’accès insoupçonné à une foule d’objets. Les plus acharnés réaliseront la marge immense de progrès qui leur est offerte par l’autoguidage qui autorise des poses de plusieurs minutes, par les capteurs CCD offrant un incroyable gain en sensibilité ou l’usage des filtres qui amélioreront le contraste et lutteront contre la redoutée pollution lumineuse…

 
 

Première image en haut à gauche : Messier16 proche de l’aspect en visuel à l’oculaire d’un télescope C8.

  Deuxième image à droite: 15 poses de 30s à 1600iso avec un Canon EOS 1100D défiltré.  

Troisième image en bas : 29 poses de 120s à 1600iso avec le même appareil et de l’autoguidage.

Alors que l’œil regardait le ciel par le trou d’une serrure, l’astrophotographie ouvre tout simplement en grand à l’observateur rigoureux et patient, soudainement rendu follement hardi, la porte sur le firmament et ses infinis trésors.

Pour plus de renseignements sur le matériel, les techniques, n’hésitez pas à vous rapprocher des membres du club Jalle Astronomie qui se feront un plaisir de vous renseigner.